Pour un moment calme ou pour endormir les enfants, vous trouverez ici des histoires inédites, poétiques ou ludiques, traditionnelles et intemporelles… Des histoires pour sourire et rêver ! Le secret du roi

Toupie la pie a bien de la chance. Ce matin en partant, Croquefaim le roi gourmand, a oublié de fermer sa fenêtre. Sur la table, quel festin ! Des trognons de pommes, des miettes de pain, des grains de raisins. Toupie se jette sur les restes.

Une fois rassasiée, elle descend de la table et découvre, à quelques pattes de là, une crèche remplie de merveilleux santons. Incapable de résister à la tentation, la pie saisit un minuscule sujet dans son bec et file par la fenêtre. Mais le butin est lourd et la petite voleuse le lâche un peu plus loin.

Ferdinand, un homme très pauvre qui passe par là, reçoit l’objet sur sa tête. Il le ramasse délicatement sans en croire ses yeux. Un santon serti de pierres précieuses vient de tomber du ciel !

Au même moment, le roi Croquefaim découvre le forfait et pique une colère à faire trembler la terre. Ferdinand cache le santon dans son maigre balluchon et s’éloigne rapidement du château.

Lorsque le pauvre homme arrive au village, un garde du roi est déjà en train d’accrocher un message:

« Si le santon volé n’est pas rendu d’ici demain, tremblez microbes !
Signé Croquefaim ».

Les villageois, très inquiets, se lamentent :
- Saperlipopette, il faut faire quelque chose pour éviter la tempête.
- Oui mais quoi ?
- Nous devons trouver le coupable, c’est indispensable.

Ferdinand, terrorisé, se tait. Il est si pauvre que s’il raconte comment le santon lui est tombé dessus, on ne le croira jamais. Pourtant, C’est certain, s’il ne fait rien, Croquefaim va faire du vilain. Toute la nuit, pendant que les villageois cherchent le voleur, Ferdinand réfléchit au moyen de rendre le sujet sans être puni.

A l’aube, il pénètre à pas de loup chez le roi. Dans la cuisine, il trouve une énorme galette dont Croquefaim, le gourmand, garde jalousement la recette. Ferdinand creuse un petit trou dans la pâte et y glisse le santon du roi. Puis il court se cacher.

Croquefaim s’installe pour le petit déjeuner mais il est de si méchante humeur que même sa galette préférée ne parvient pas à le consoler. Sans joie, il commence à manger lorsque sa cuillère heurte le sujet.
- C’est bien la première fois que je laisse un noyau dans un gâteau, s’étonne Croquefaim, en cherchant à dégager l’objet.
Mais soudain il se lève d’un bond en criant gai comme un pinson :
- Mon santon, mon santon !

Emu, le roi replace doucement le sujet dans la crèche. C’est alors qu’il découvre Ferdinand. Le pauvre homme lui avoue son histoire en tremblant. Mais le roi est bien trop content pour punir le petit cachottier.
- Tu es pardonné, lui dit-il. Et pour te remercier de m’avoir rapporté le plus beau santon de ma collection, je vais te confier le secret de ma merveilleuse galette.

Ferdinand court au village annoncer la bonne nouvelle. Soulagés, les villageois organisent une grande fête. Bien sûr, pour le dessert, Ferdinand suit les instructions de Croquefaim et fabrique de belles galettes. Dans chacune d’elle, il prend soin de glisser une fève tout en chantonnant :

« Trouveras, trouveras pas, qui l’aura, sera roi du repas ».

Texte D’Elodie Perraud
Que nous remercions tout particulièrement de nous avoir autorisé à publier cette histoire.

UN PEU D’HISTOIRE

Si la tradition de la galette des rois est surtout aujourd’hui une fête familiale, destinée, le premier dimanche de janvier, à se réunir autour d’un gâteau dont on tire les parts pour gagner la fève, elle fut, à l’origine, une fête païenne. En effet, cette pratique existait dans les Saturnales de la Rome antique, célébrées en l’honneur du dieu Saturne. Les romains utilisaient alors la fève comme bulletin de vote pour élire le roi du festin.

Puis, dans la tradition chrétienne, la fête des rois célébra, l’Epiphanie, la présentation de l’enfant Jésus aux rois mages. La galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présenterait.

La fête des rois est une tradition toujours très ancrée en France mais elle existe également dans d’autre pays et peut y avoir une grande importance. En Espagne, par exemple, c'est le jour de l'Epiphanie que les enfants reçoivent les cadeaux et non à Noël. On profite de ce "Jour des 3 Rois" pour échanger les cadeaux de Noël puisque ce sont les rois mages qui apportèrent des présents après la naissance de l'enfant Jésus. Pour cette occasion, on confectionne un pain en forme de couronne parfumé de zestes de citron et d'orange, brandy et eau de fleur d'oranger, décoré de fruits confits et d'amandes effilées. On y glisse une pièce d'argent, une figurine chinoise ou un haricot sec.